Le débat entre les deux candidats se recentre sur l’économie. Emploi, énergie et assurance santé au programme
Sylvain Cypel, Le Monde
Samedi 12 juillet 2008
«On va passer l’été à parler boulots, énergie et assurance santé.» La phrase est de Charlie Black, un conseiller économique de John McCain, le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine. Elle dit tout du «moment» actuel de la campagne électorale: l’économie envahit le débat.
Le boulot, c’est l’emploi qui se délite au-delà de l’industrie et du bâtiment, comme l’a spectaculairement montré la récente décision de la chaîne Starbucks de fermer 600 enseignes pour se délester de 7% de ses salariés. L’énergie, c’est un prix à la pompe qui semble inexorablement filer vers les 5 dollars le gallon (3,785 litres), soit 80% plus cher qu’en 2007. Le coût de la santé, lui, est depuis des années perçu comme un fléau majeur. L’assurance médicale (privée) est si chère que 17% des Américains y ont renoncé et que la moitié des autres bénéficient d’une couverture médiocre. Par ailleurs, le nombre des familles endettées menacées de saisie de leur appartement est passé de 2 millions à 2,5 millions.
Comment retrouver la croissance et l’emploi? John McCain privilégie deux thématiques, qui reflètent l’influence des écoles auxquelles appartiennent ses conseillers. D’une part, il prône un abaissement de la fiscalité, pour rendre aux ménages du pouvoir d’achat et aux entreprises des capacités d’investissements. De l’autre, il entend résorber la dette publique, qui, sous la présidence de George Bush, a atteint des proportions abyssales (10000 milliards de dollars), et retrouver un budget équilibré dès la fin de son premier mandat, en 2013: le déficit actuel dépasse 400 milliards de dollars.
Assurance «accessible» à chacun
Accusant le président Bush d’avoir dépensé l’argent public de manière «inexcusable», il annonce donc un allégement du train de vie de l’Etat. Ainsi, il «réduira» la charge de l’indemnisation chômage et des dépenses publiques de santé. A l’issue d’une tournée récente au Canada, en Colombie et au Mexique, il a aussi fait de l’intensification des accords commerciaux - très critiqués par une partie de l’opinion - la clef de voûte de sa politique économique internationale.
Le candidat démocrate, Barack Obama, lui, n’évoque jamais la résorption de la dette. Il entend voir l’Etat investir de nouveau dans certains «grands chantiers» (éducation, infrastructures…) et dans la subvention d’un système d’assurance médicale qui, tout en restant privé, sera «accessible» à chacun. Pour financer ses projets, il mise sur une réorganisation de l’assiette fiscale, en annulant les «cadeaux fiscaux» accordés par l’administration Bush aux plus fortunés (les revenus supérieurs à 250000 dollars) tout en réduisant les impôts des plus faibles et des PME.
Enfin, il envisage de «renégocier» certains accords commerciaux - en particulier celui avec le Canada et le Mexique, l’Alena - et mènerait une politique commerciale plus protectrice des intérêts des salariés américains. Dans l’immédiat, il souhaite l’adoption d’un nouveau «plan de stimulations» de 50 milliards de dollars, sur le modèle de celui négocié par la Maison-Blanche avec le Congrès au printemps: des restitutions d’impôts à hauteur de 157 milliards de dollars. Et il souhaite une intervention urgente de l’Etat pour soutenir les emprunteurs immobiliers insolvables. Une idée que le sénateur McCain rejette.
Les mesures économiques ponctuelles dont les candidats agrémentent leur programme répondent à d’évidentes nécessités électorales: prendre en compte les attentes contradictoires de leurs divers partisans et s’attirer la faveur des secteurs de l’opinion qu’ils doivent encore convaincre. Un exercice qui suscite facilement la critique. Ainsi Robert Bixby, directeur de la Concord Coalition, un groupe farouche partisan de la «discipline fiscale», déclare-t-il que l’objectif d’un budget équilibré «est réalisable d’ici à 2013, mais certainement pas avec la politique que le sénateur McCain propose».
Du côté de Barack Obama, la manière dont il entend financer ses dépenses publiques est jugée impossible sans une augmentation globale de la fiscalité, et donc sans porter atteinte à la consommation, pivot de la croissance américaine.
Au-delà des slogans de campagne, où chacun accuse l’autre de «compromettre la croissance», s’il y a un «consensus bipartisan» en période électorale aux Etats-Unis, note Robert Samuelson, chroniqueur économique au Washington Post, c’est bien «d’éluder les grands sujets».
Il évoque le financement des retraites, qui pèse de manière croissante sur le revenu national, comme dans tous les pays riches. Un thème totalement absent des débats. Selon un sondage du Centre Pew du 8juillet, les Américains font plus confiance à Barack Obama sur l’économie générale, l’énergie, la santé et la protection sociale; John McCain recueille leurs faveurs sur la fiscalité et l’immigration. Sur l’Irak, aussi, de peu
S’il est vrai que la Bourse amplifie souvent la conjoncture économique à la hausse comme à la baisse, il est inutile d’aller contre la tendance: inflation+baisse de croissance sur fond de crise financière, ne peut nous permettre d’envisager une reprise rapide.
On a cru un moment (1er trimestre 08) que la crise issue des USA ne toucherait que modérément les pays émergents imaginant un découplage de l’économie; c’était sans penser que les pays asiatiques sont devenus les plus gourmands en matières premières: l’inflation a gagné leurs économies de manière magistrale. Seul un ralentissement de leurs croissances permettra de la freiner.
Il faudra un certain temps (2 à 3 ans) avant que les énergies renouvelables et le nucléaire se substituent à certaines énergies fossiles.
D’ici là, seule une diminution progressive de la demande et la conservation de l’énergie permettront d’ affronter la crise , ce qui entrainera automatiquement un dégonflement de la bulle énergétique à moyen terme.
On ne peut plus penser en termes bipolaires (Europe et USA) mais réfléchir réellement en termes de mondialisation:la récession des pays développés due à la crise financière et à la hausse des prix énergétiques participera au ralentissement des pays émergents et vice versa.
Les profits des entreprises sont déjà revus à la baisse à l’exception de l’énergie et des matières premières pour le moment;
Au 11 juillet 08, les marchés ont déjà touché un point bas (4100 pour le CAC 40): rien ne ne nous permet aujourd’hui d’imaginer qu’ils n’iront pas plus bas : 3800 points en Aout est tout à fait possible; nous n’avons pas de cycles de soutien durant l’été qui nous permettent d’anticiper une reprise; les marchés sont livrés à des cycles de très court terme qui les fragilisent.
Dans ce contexte seule une récupération de liquidités (50 à 60%) ,même si on est amené à solder des lignes en pertes ,permettra de revenir très progressivement à des prix probablement inférieurs à ceux d’aujourd’hui . On pourra aussi acquérir quelques positions Bear (trackers, voir puts à longue échéance) qui permettront de compenser les moins values auxquelles on ajoutera des positions sur l’or qui protège contre l’inflation, et des trackers sur les matières premières.
On ne se précipitera pas sur le marché sauf en envisageant des investissements très progressifs qui devront s’étaler dans un premier temps entre fin aout et septembre : on devrait en effet s’attendre à un rebond en Septembre/Octobre (surtout en octobre).
Pour les mois à venir (d’ici la fin de l’année) , il faudra jouer de prudence et ne pas hésiter à prendre ses plus-values : il y aura des reprises techniques dont il faudra rapidement profiter.
Nous accompagnerons nos abonnés dans cette période difficile en usant du principe de précaution…
Traditionellement, le marché a tendance à monter d’octobre à avril de l’année suivante pour en général consolider de mai à septembre; en effet les analystes font durant la première période des estimations positives sur la croissance des bénéfices puis corrigent souvent le tir après les résultats d’avril. C’est pourquoi, le mois de mai est souvent attendu en baisse et que les investisseurs attendent la fin de l’été pour revenir sur le marché. Cette année, après les déboires du premier trimestre, le marché s’est repris de mars à mai inclus et c’est le mois de juin qui fait les “frais”des abaissements de croissance des bénéfices. En 2008, avec les prévisons macro-économiques peu réjouissantes:ralentissement de l’activité mondiale,hausse des matières premières, inflation,tensions sur les taux d’intérêts…l’été ne se présente pas sous les meilleurs auspices. De plus ,nos cycles confirment l’incitation à la prudence; Notre numéro de Juillet/Aout vous donnera les stratégies à adopter pour passer un été tranquille et préparer la rentrée avec le plus d’atouts dans votre portefeuille!
Les CFDs en anglais: Contrats pour la différence en français, sont apparus sur notre marché début novembre 2007 , chez IG Markets, le seul courtier agréé pour le moment. Très populaires en Grande Bretagne, ils attirent de plus en plus d’investisseurs français. Leur système de fonctionnement est très simple: Dès que l’indice gagne 1 point, vous gagnez 10 euros par contrat acheté.Dans l’autre sens, vous pouvez aussi être vendeur et gagner 10 euros pour chaque point perdu par le CAC 40. Les CFDs se traitent sur plus de 7500 actions mondiales, mais aussi le Forex, la plupart des indices mondiaux, les matières premières… et les frais de commission ne sont que de 0.10% Mais attention, si vous vous trompez de sens, vos pertes peuvent être ausi importantes et même supérieures à votre investissement initial. Il faut suivre ses positions régulièrement et utiliser des stops suiveurs qui sont proposés par le courtier. Ce type d’investissement ne peut être conseillé que pour les investisseurs actifs ;
Alors que les USA se débattent contre la récession, on peut se demander dans quelle mesure l’Europe pourra-t-elle échapper à la crise?
Seule l’Allemagne affiche une croissance provocante: 6% en rythme annuel au premier trimestre 08, tandis que l’Espagne est frappée par la crise immobilière ainsi que l’Irlande dont la croissance devrait chuter à 2.5% en 2008 alors qu’elle caracolait à 6.5% en moyenne depuis 1994. Coté Italien, les prévisions sont peu optimistes: +0.5% pour 2008,et probablement pas beaucoup plus pour le Portugal et la Grèce. Nos amis anglais ne sont pas beaucoup mieux lotis: l’inflation a atteint 3% en avril 08 et risque de s’élever à 3.7% en juillet/aout tandis que les prix de l’immobilier pourraient baisser de 5 à 10% en 2008: nous pourrions assister à la première récession anglaise depuis 1991.
Les pays baltes (Estonie, Lettonie,Lituanie) souffrent aussi: “les bulles immobilières et boursières sont en passe d’éclatement”
L es économies suédoise,danoise et finlandaise ralentissent: en Europe du Nord, seule la Norvège qui n’est pas membre de l’UE pourrait résister au déclin actuel grâce aux revenus qu’elle tire de l’augmentation des prix du pétrole et du gaz ; son taux de chômage n’est que de 2.4%.
Enfin les économies polonaises et tchèques semblent résister mieux que leurs voisines, notamment parce qu’elles disposent d’un taux de change flexible par rapport à l’Euro.
N’oublions pas la France qui a surpris en mai 08 avec une croissance potentielle de 2.4% en rythme annuel.
Mais ne rêvons pas , l’Europe risque elle aussi d’être atteinte par une baisse de sa croissance même si aujourd’hui le mot “récession” n’est pas encore prononcé pour tous les pays.
Certes, les prévisions sont faites pour être révisées constamment mais ,à ce jour, il y a probablement des secteurs à éviter et d’autres à privilégier.
En Février 2008, alors que la crise financière alimentait le pessimisme des marchés, que les investisseurs broyaient du noir, Cosmovaleurs prévoyait “une sortie du tunnel pour la fin mars” 2008.
En Mars, nous réitérions nos prévisions positives pour début avril et la deuxième partie du mois notamment.
Pour le moment , la bourse nous a donné raison: de nombreux “vadeurs” ont été pris par surprise et depuis quelques jours analystes et économistes changent d’opinion sur l’évolution du marché!
Certains prévoient maintenant une hausse de 10 à 20% d’ici la fin de l’année voir avant ainsi qu’une remontés de nombreuses valeurs de plus de 25 à 30%
Nous sommes repassés à l’achat et avons initié des positions plus réactives.
Alors que les mauvaises nouvelles coté USA s’accumulent et que les prévisions de leurs incidences sur la croissance mondiale évoluent chaque jour: il est ,bien sur, indéniable que l’éventuelle récession de la 1e économie du monde aura un impact non négligeable sur les économies qui en dépendent, notamment en tant que fournisseurs, comme la Chine par exemple;
On peut essayer de se demander quels pourraient être les évenements qui nous permettraient d’envisager une “hausse” (un terme que l’on ose plus prononcer) alors, une relance de la bourse?
Comme nous l’évoquions il y a quelques mois, il va falloir compter avec les fonds souverains qui pourraient s’immiscer autant dans le capital des banques “à l’agonie” que dans celui de sociétés ou groupes qui ont souffert de la consolidation générale et présentent aujourd’hui une valorisation souvent en dessous de leurs fonds propres;
Mais la baisse actuelle pourrait bien faire l’affaire de certaines entreprises “prédatrices” qui profiteraient de valorisations intéressantes: Aéroports de Paris qui intéresse Vinci, CNP Assurance convoité par Axa, GFI Informatique dont le cours atteint 4.50 euros.. et les autres: Saint Gobain, Eiffage, Atos, ou même Rémy Cointreau ,peuvent devenir des cibles attractives..
Certes, les restrictions de crédit vont ralentir (ont ralenti) les opérations de LBO réalisées par les Banques ou les fonds ; mais de nombreuses entreprises présentant des bilans solides et surtout sans dettes ,pourraient se lancer dans des opérations de rachat et dynamiser à nouveau le marché: plutôt que de racheter leurs propres actions, il serait plus intéressant pour elles de consacrer leurs liquidités dans des projets d’OPA qui deviendraient beaucoup plus bénéfiques..
Parmi les sociétés non endettées, nous trouvons: Essilor, Cap Gemini, Alstom, Clarins…
Des valeurs suivies par CosmoValeurs afin de détecter les moments les plus opportuns pour se placer.
Avec les niveaux de valorisation que certains titres ont atteint, il ne faut pas croire que la Bourse va s’endormir!
Quand nos institutions ou nos sociétés sont confrontées à des difficultés, il est parfois intéressant de savoir comment elles sont interprétées à l’etranger: nous reproduisons l’article paru dans le journal suisse “le Temps”, à titre de réflexion:
“la version du trader isolée est contestée”
SOCIETE GENERALE. Des intervenants du marché privilégient la thèse d’une mauvaise stratégie dans les dérivés.
Pierre-Alexandre Sallier et Myret Zaki
Samedi 26 janvier 2008Le choc de l’annonce, jeudi, de 4,9 milliards d’euros de pertes par la Société Générale (GLE.PA) (SG) après la liquidation des positions frauduleuses prises par l’un de ses traders a cédé la place à l’incompréhension au sein de la communauté financière. La perplexité d’un gérant parisien, vendredi, résumait bien le sentiment général. «Je traite tous les jours sur le marché des dérivés actions, et il m’est impossible de comprendre comment un seul fraudeur a pu passer de tels ordres - et organiser leur comptabilisation dans des sociétés factices - et échapper aux contrôles d’une aussi grande institution.»L’ampleur de la fraude, qui va faire l’objet d’une enquête judiciaire «d’une grande complexité» selon le Parquet de Paris, a nourri vendredi un début de polémique, certains opérateurs remettant en cause la version de l’«homme seul» ayant tenu secrètement des positions atteignant jusqu’à 50 milliards d’euros.«La banque représentait le quart des contrats futurs sur indices boursiers échangés en Europe, explique ainsi un tradergenevois. Sur ces indices, le desk des dérivés appliquait depuis des années une stratégie appelée vente de volatilité par le biais option, c’était même le plus gros vendeur de volatilité en Europe.»Selon plusieurs autres intervenants, la SG avait gagné énormément d’argent sur cette stratégie entre 2003 et 2006. La tendance s’est inversée et la stratégie «a commencé à occasionner des pertes cet été, lorsque la volatilité s’est envolée», poursuit le courtier genevois. Depuis août la volatilité, mesure de la «nervosité» des bourses, a ainsi triplé. «On était en présence d’une hausse structurelle, mais, au lieu de se repositionner, les spécialistes des dérivés de la banque se sont entêtés». Selon cette source, les pertes sont liées au fait que cette vente de volatilité était simultanément arbitrée par des positions longues sur futures d’indices. «Ils étaient négativement corrélés au marché, et quand celui-ci baissa, ils furent forcés de vendre des futures».Sous-couvertureSelon le courtier, «ces équipes auraient sous-évalué le prix des options sur la volatilité, afin de réduire le nombre des futures qui doivent être vendus à la baisse». Il y a «une quinzaine de jours», un «audit» aurait souligné que ces évaluations n’étaient pas correctes, et la banque se serait retrouvée «en sous-couverture de 25 milliards d’euros», estime notre source. Et acculée à des ventes forcées sur un marché en baisse rapide. Ce qui aurait ainsi conduit à de telles pertes.Ces ventes forcées, auraient-elles alors provoqué le krach de lundi sur les marchés européens? «Cela apparaît plausible» estime Frédéric Binggeli responsable d’une cellule de gestion à la banque privée Edmond de Rothschild (RLD.S). Une liquidation qui aurait duré jusqu’à «jeudi, jour de l’annonce de la «fraude», où l’on a observé la clôture de 20% des contrats de futures ouverts sur le marché», affirme ce dernier.Dénégation de la banque
Selon d’autres intervenant les volumes de lundi s’expliqueraient davantage par la réaction au plongeon précédent de Wall Street.
Hier soir au sein de la banque, on maintenait que «la fraude vient d’une personne isolée» et en aucun cas de l’équipe d’un desk. Ces mises en cause suscitaient également une vive opposition de la part des professionnels travaillant avec la banque.
«Je ne peux imaginer un seul instant que la direction pourrait mentir dans une telle histoire, le revers est suffisamment grave comme cela!» s’insurge Elisabeth Grandin, chargée de la notation de la banque au sein de l’agence Standard & Poor’s.
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